ON
N'ECOULERA PAS LE STOCK ! Voilà,
c'est parti, à partir du 12 janvier 2010, la vaccination
en ville est possible. Ce sera à chaque médecin
de décider de son attitude et de faire son travail de médecin
: dialogue avec le patient, décision commune, action au
mieux des intérêts du patients (et un peu du médecin
aussi). Mais on en est désolé pour nos dirigeants
politiques (car il n'y a pas que Roselyne Bachelot qui a décidé),
on ne va pas écouler les millions de vaccins commandés
et payés. Parce que les médecins ne sont pas tous
convaincus de l'intérêt de se vacciner (tous les
patients non plus), parce que beaucoup se disent que le prochain
vaccin saisonnier sera plus sympa, parce que la vague du printemps
n'est pas certaine du tout, (mais pas exclue non plus). Mais ça
va vacciner quand même plus confortablement et moins cher
que dans les vaccinodromes. Découvrez les modalités
pratiques dans ce zapping.
ENQUETE GRIPPE
D'abord, l'opinion des médecins : Union Généraliste
a réalisé une enquête entre le 6 et le 9 janvier
sur la vaccination en ville. Comme toujours, nous mettons l'exhaustivité
des résultats et surtout des commentaires en téléchargement
(78 pages). Jetez au minimum un oeil sur la
page des résultats : 1701 réponses. Plus de
la moitié ont fait des commentaires
généraux (29 pages). 56,8% sont vaccinés
et 37,7% ne se vaccineront pas. 21,5% pensent qu'il vaut mieux
arrêter la vaccination et attendre le prochain vaccin saisonnier
et un nombre équivalent (23,7%) pense qu'il vaut mieux
vacciner de crainte d'une nouvelle vague. 36% vaccineront ceux
qui le demandent et 7,5% ont de grands doutes sur l'intérêt
tout court de la vaccination grippale. 61% sont prêts à
vacciner, même en cherchant les vaccins dans les centres
dans le cadre de leur activité normale. 50% disent qu'ils
n'organiseront pas de séances spécifiques de vaccination,
38% le feront peut-être.
CALCULS
BÊTES
ET MECHANTS Entre les vaccins
commandés à presque 900 millions, l'organisation
et la rémunération des vaccinodromes, la mobilisation
de l'appareil d'état, le chauffage des gymnases, les équipes
mobiles, la publicité et on en oublie...la plaisanterie
coûtera au final entre entre 1,5 et 2,5 milliards d'euros
soit 3 Plans Cancer. Pour l'instant, ça nous mets le vaccin
réalisé à environ 400 euros (2 milliards/5
M = 400 € ) ! Le chiffre ne peut que baisser avec l'entrée
en lice des généralistes : coût de vaccination
maximal de 40 euros (prix du vaccin + visite spécifique)
et coût minimal de la valeur du vaccin si elle a lieu pendant
une consultation de routine pour un autre motif, comme c’est
souvent le cas.
PETITION GENERALISTES
La
pétition continue à circuler et se signe sur
Internet (http://www.petition-medecin.org/). Elle a pour premier
objectif de montrer que les généralistes sont nombreux
à en avoir assez, n'hésitent pas à l'exprimer
et souhaitent une année 2010 de rupture. Avec un petit
effort des uns et des autres, elle va dépasser 5000 signataires
(même en tenant compte des doublons). Les signataires apparaissent
de manière aléatoire sur la page (faites "rechercher"
pour retrouver des noms). Si vous ne l'avez pas encore signée,
merci de le faire immédiatement en
cliquant ici. Le deuxième objectif est de recueillir
le ressenti des signataires et de le transmettre. On est à
1469
commentaires (115 pages !).
| Cet UG Zapping est rédigé
par le docteur Claude Bronner, co-président d'Union
Généraliste. Il est envoyé à
tous les médecins et à d'autres partenaires
dont nous avons l'adresse de courriel. Notre annuaire est
déclaré à la CNIL. Si vous ne voulez
plus le recevoir, écrivez à dr.cbronner@wanadoo.fr
. Union Généraliste est issu de la fusion
des syndicats Espace Généraliste et FMF Gé.
Il est affilié à la FMF (Fédération
des Médecins de France). Les statuts sont déposés,
les bureaux et comité directeur constitués
par fusion des deux structures . Le site d'Union Généraliste
est actif sur http://www.uniongeneraliste.org/.
Pour le passé, on peut encore se reporter sur les
sites des deux entités constituantes, Espace
Généraliste et la FMF
Gé. La revue de presse d'Union Généraliste
se lit sur un fichier http://www.uniongeneraliste.org/revue-de-presse/revue-de-presse-du-09-01-2010.html. |
GRIPPES ET
ALERTES La grippe laisse la place à d'autres
pathologies comme le montrent les
cartes du réseau sentinelle, le Grog
signale décrue et disparités. Le responsable de
la subcommission Santé du Conseil de l'Europe, Wolfgang
Woodart (député allemand SPD) explique comment
le lobbying de l'industrie pharmaceutique a pu emballer la machine
à décision. Le
site de Jacques Desbarbieux est finalement un des plus pertinents
pour suivre au jour le jour. La vaccination passe en ville et
60% de généralistes se disent prêts à
vacciner les patients qui le demanderont. On n'a pas fini de discuter
das nos cabinets ! Une chouette
interview de médecin résume assez bien la situation
!
REVUE DE
PRESSE Union Généraliste vous rappelle
sa revue de presse. Vous la trouvez avec ce lien http://www.uniongeneraliste.org/revue-de-presse/revue-de-presse-du-09-12-2009.html
en mettant la date à jour.
VACCINATION AU
CABINET Il a fallu 6 mois pour
se rendre compte que la vaccination chez le médecin généraliste
et les pédiatres (en fait, n'importe quel médecin
peut vacciner) est la bonne solution. Pour les curieux, il suffit
de relire les communiqués
d'Union Généraliste et les UG Zapping pour refaire
l'historique. En pratique, une
circulaire (projet) aux préfets donne le cadre : soit
vaccination dans l'activité normale, soit organisation
de séances spéciales avec facturation des vaccins
à 6,60 €. Pour l'instant, le circuit exact et les
modalités de récupération des 6,60 €
n'est pas déterminé. Comme d'habitude, on a annoncé
sans avoir réglé les problèmes d'intendance.
Mais ceux qui réussiront à se procurer des boites
de vaccins dans les centres à partir du mardi 12 janvier
pourront vacciner leurs patients.
QUELS VACCINS
EN PRATIQUE ? Il faut chercher les vaccins dans
les Centres. Le ministère promet du déplacement
en pharmacie, mais ce n'est pas fait. Chaque préfet organisera
son département pour informer les médecins des modalités
de distribution des vaccins. Si vous avez obtenu l'information
"où, comment et quand" chercher vos vaccins,
vous pouvez chercher jusqu'à 20 doses de Focetria
conditionnés en boites de 10 vaccins unidoses (qui se conservent
donc entre 2 et 8° sans limite) et 2 Flacons de 10 doses à
prélever (ça se conserve 7 jours une fois ouvert)
de Panenza
(sans adjuvant, mais avec Thiomersal). Donc 40 doses maximum.
En retournant au Centre avec vos bons, vous pourrez vous réapprovisionner.
Vous pouvez envoyer secrétaire ou patient (un papy qui
a le temps et veut rendre service) à condition de leur
remettre votre carte professionnelle et une ordonnance précisant
vos besoins. Voir détails de la fiche "L’approvisionnement
des médecins libéraux en vaccins contre la grippe
A(H1N1)".
CONDITIONS TECHNIQUES
C'est une vaccination standard. La fiche "Sécurité
de la vaccination contre la grippe A(H1N1) en cabinet"
rappelle les incontournables : respecter la chaîne du froid,
utiliser le bon vaccin et la bonne procédure, rédiger
un certificat de vaccination et le bon pour la traçabilité,
éliminer proprement les déchets, déclarer
les effets indésirables et surtout être équipé
pour traiter un choc anaphylactique. L'ensemble des pépins
possibles immédiatement sont recensés
sur une fiche du ministère. Pour le choc anaphylactique,
elle rappelle qu'il faut un téléphone pour appeler
le 15, du Salbutamol en spray pour les difficultés respiratoires,
de l'Adrénaline à portée de main (Anapen
qui est le plus pratique ou alors Adrénaline à 1mg
(dans 1 ml), à diluer dans 9 cc de physio pour injecter
5 cc à la fois. Injection dans la face antérieure
du quadriceps). Profitez en pour vérifiez que tout ça
est à portée de main. Des solutés de remplissage
si le SMUR est un peu loin.
GRIPPE ET
PAPERASSE Pour vacciner un patient, il faut un
bon. Le patient vient avec son vieux bon qu'il a stocké
ou il fait partie des 30 millions de français qui devraient
recevoir un bon avant fin janvier et il veut discuter vaccination
avec vous. C'est un C de toute façon, avec ou sans autre
acte médical, avec ou sans vaccination. Si vous vaccinez,
le vaccin fait partie de la consultation. Si le patient n'a pas
de bon et se désespère, vous pouvez l'envoyer se
faire réaliser un bon chez madame Lacaisse ou dans un centre
de vaccination. Si tout va bien, après le 18 janvier vous
pourrez aussi imprimer un bon sur votre imprimante en vous connectant
avec votre Espace Pro Ameli (il faut CPS et Carte Vitale du patient).
Si vous n'avez pas encore installé votre Espace Pro et
que ça vous intéresse, contactez votre caisse. La
fiche technique qui en parle s'appelle "Traçabilité
de la vaccination grâce au bon CNAMTS". Il y en
a une dernière "Indemnisation
des éventuels effets secondaires liés à la
vaccination contre la grippe A(H1N1)". Vous pouvez bien
évidemment aussi dire à vos patients qui vous demandent
une vaccination grippe au cours d'une consultation ou au téléphone
de venir spécialement à un rendez vous spécial
vaccination où vous ferez le vaccin et vous ferez payer
6,60 € par vaccin selon des modalités qui restent
à préciser.
TAMIFLU AUTOMATIQUE
Si vous recevez une demande d'entretien d'un médecin
conseil pour aborder avec vous la prescription des antibiotiques,
n'oubliez surtout pas de lui rappeler qu'avec les consignes de
Tamiflu automatique que les autorités
sanitaires continuent à mettre en avant, votre patience
a atteint des limites difficilement supportables et que vous aimeriez
bien qu'on vous fiche la paix. Le CNGE et la SFMG viennent encore
de rappeler la non pertinence de ces consignes d'experts dans
un communiqué
énervé sur le sujet et le ministère persiste...
NOUVEL OBSERVATEUR
le N°2357 du 7 au 13 janvier présente
un dossier au titre accrocheur : "êtes vous payés
à votre juste valeur ?" Une fois de plus, la rémunération
des médecins est présentée biaisée.
Qu'on en juge : le médecin a un prestige et une utilité
4 étoiles, ce qui est bien, mais en rémunération
le médecin (généraliste) a 5 étoiles,
devant le député et le préfet. Sauf que lorsqu'on
regarde de près la manière de calculer, on parle
par exemple pour l'infirmière d'un salaire de 1600 €
nets mensuels et pour le médecin de 6510 €
avant cotisations sociales. Ce n'est pourtant pas compliqué
de rendre les choses comparables.
PLFSS ET
SAGES FEMMES
Il y a eu quelques confusions à propos du droit des sages-femmes
à prescrire la contraception. La loi est claire : "L'exercice
de la profession de sage-femme peut comporter également
la réalisation de consultations de contraception et de
suivi gynécologique de prévention, sous réserve
que la sage-femme adresse la femme à un médecin
en cas de situation pathologique." Ce qui a été
retoqué par le Conseil Constitutionnel, c'est le droit
de pratiquer des IVG par les Sages-Femmes parce que c'était
présenté comme une expérimentation, mais
sans limite temporelle (donc ce n'est pas une expérimentation).
Donc, les Sages Femmes peuvent prescrire la contraception.
ECBU DU
SOIR Le patient arrive le soir, labo fermé.
Une bandelette urinaire dans un gobelet sec et propre suffit pour
affirmer l'infection (le mirage des urines est déjà
pas mal !) et c'est parti pour un traitement plutôt que
d'attendre les examens du lendemain et laisser souffrir quelqu'un
qui sera la plupart du temps déjà soulagé
à l'heure d'ouverture du laboratoire. Tout cela est prévu
dans la recommandation ad hoc de l'Afssaps sur le "diagnostic
et antibiothérapie des infections urinaires bactériennes
communautaires chez l'adulte" qu'on peut se remettre
en mémoire (surtout certains tableaux de la fin du document).
LE COIN DU
CARABIN
C'est évidemment la vente des vaccins grippaux qui devient
sujet d'humour avec une nouvelle caricature de Van
Aderr, voire la principe de précaution étendu
à la coupe
de monde de foot. Un petit détournement
de Tintin ne fera pas de mal .
Marie
Jennifer commande des vaccins pour aider Roselyne Bachelot.
Les sensibles qui n'aiment pas les blagues de blondes feraient
mieux de ne pas regarder.
Arthur a 90 ans. Il a joué au golf tous
les jours depuis sa retraite il y a 25 ans. Un jour, il rentre
chez lui complètement découragé: c'est fini,
dit-il à sa femme. J'abandonne le golf. Ma vue est si mauvaise...
que je ne peux plus suivre la balle. Sa femme lui dit : pourquoi
n'amènes-tu pas mon frère avec toi au golf et essaie
une dernière fois ?. Ton frère a 103 ans ! Il ne
peut pas m'aider. Il a peut-être 103 ans, mais sa vision
est parfaite. Le lendemain, Arthur se rend au terrain de golf
avec son beau-frère. Il place sa balle sur le tee, s'élance,
frappe puis cherche la balle au loin. Il se tourne vers son beau-frère.
: as-tu vu où est allée ma balle ? Bien sûr
que je l'ai vue. Ma vision est parfaite ! Excellent ! Où
est-elle ? M'en rappelle plus…
Dr Claude BRONNER
06 07 88 18 74
dr.cbronner@wanadoo.fr
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