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débrouillez vous, revenez si vous êtes contaminé

lundi 29 juin 2009
par  LORENZO Georges
popularité : 4%

Une histoire vécue de la vraie vie d’un médecin généraliste de terrain et en première ligne, dans une France qui rechute dans le syndrome de Tchernobyl qui s’arrête aux frontières :

Vendredi 26 juin 2009, une compagnie d’assistance qui relaie une compagnie d’assurances d’Amérique du sud appelle mon secrétariat téléphonique pour une consultation d’un homme de 38 ans pour fièvre et toux (pas d’autre info) : on lui donne un RV à 16h40.

Je le trouve en fin d’après midi dans la salle d’attente parmi d’autres patients, un peu écroulé et je le prends tout de suite. Il ne parle pas français, je me rends compte qu’il a un accent sud-américain : Uruguayen donc on continue en espagnol... Il a atterri trois jours auparavant de Buenos Aires via Madrid à Nice et le lendemain de son atterrissage en France déclenche une fièvre élevée et toux, ne passant pas au paracetamol et antitussifs.

Après examen rapide pour éliminer une infection bactérienne, je suspecte immédiatement une virose compatible avec une grippe A, j’appelle le Samu qui me dit de le renvoyer chez lui qu’ils vont venir le chercher mais il est mal, hypotendu avec malaise et ne peut pas rentre à pied chez lui, le samu convient que l’appel à un taxi serait mal venu : ils viennent donc en cosmonautes et l’embarquent pour le CHU où il aura sa prise de sang : j’aurai le résultat le lendemain matin : positif "grippe mexicaine"

En attendant, il a possiblement contaminé ma salle d’attente, j’avais pris toutes les coordonnées de tout le monde pour gérér ça de chez moi samedi soir. Nous avions convenu avec le régulateur du Samu que s’’il était positif, les sujets contact devraient aller à la pharmacie hospitalière chercher leur tamiflu, et moi avec.

Je me suis rendu samedi en personne au service des maladies infectieuses du CHU, j’ai passé la barrière d’une interne absolument pas concernée, limite désagréable et j’ai pu parler au médecin référent grippe A qui m’a expliqué que des textes tombaient régulièrement de la DDASS, que tout changeait lundi, qu’on ne donnait plus, pour l’économiser, de Tamiflu aux sujets contacts (sauf fragilité), ni aux patients atteints (sauf gravité)... J’ai donc pu négocier de repartir avec un traitement préventif pour mon patient fragile et il m’a été refusé pour moi. Pas d’état d’âme pour un confrère. Aux ordres des autorités, normal.

Je rappelle que la veille http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-grippe-ah1n1-le-minist&egrave ;re-mobilise-les-professionnels-de-santé-%22de-ville%22_1387.htm le discours du ministère était :" Comme prévu dans le plan de préparation de l’OMS et dans notre plan pandémie, les professionnels de santé libéraux feront partie des populations prioritaires pour la vaccination comme d’autres populations cibles sensibles"... Samedi, c’est circulez, y a rien à voir, débrouillez vous, revenez si vous êtes contaminé pour vous faire prélever !!!

TOTAL : Après avoir subi une mauvaise régulation médicale d’une équipe d’une société d’assistance, après avoir constaté que mon secrétariat téléphonique n’avait pas eu le réflexe minimum de me contacter lors de l’appel d’un étranger fébrile, je gère comme je peux en isolant immédiatement le patient et en appliquant la procédure Samu. Puis j’ai la désagréable surprise de me voir renvoyer sans aucune considération, moi le fantassin de première ligne. Aucune consigne de la DDASS qui le lendemain n’avait même pas comptabilisé le cas (!). J’ai bien sûr appliqué les consignes que me dictaient ma conscience professionnelle en informant les patients contacts, je rapporte moi-même au patient fragile sa boite de Tamiflu, je ferme mon cabinet une semaine le temps de l’incubation possible, j’envoie à l’écart respirer un air plus pur mes enfants, dont un passe l’oral du bac de français trois jours plus tard, et je me désole de ce que la France ose se dire la mieux préparée...

Quelle image désastreuse est donc proposée à ces milliers de généralistes qu’on va découvrir compétents comme toujours au dernier moment pour faire face sans aucune équipement et aucune protection ni considération à cette épidémie de grippe A !!! Quand je pense qu’en Belgique les généralistes sont équipés de kits de détection... Quelle décéption pour nous généralistes français... On sous-utilise 100 (200 ?) équipes de Samu sans recourrir au maillage disponible des 50.000 généralistes de terrain !!! Qui va maintenant aller diagnostiquer, traiter des patients grippés confinés chez eux, et rentrer le soir contaminer les siens, le devoir accompli ??? Quelle protection, quelle assurance en cas de pépin, voire plus grave ??? On peut savoir ce qui est proposé aux autres effecteurs actifs (pompiers, personnel hospitalier, employés de mairie et autres salariés) ???

Docteur Georges LORENZO (06)





Commentaires

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lundi 29 juin 2009 à 15h44 - par  FOIADELLI

Comme je le précisait sur le blog de RUE 89 il existe désormais un système permettant de créer des zones biologiquement protégées (destruction aéroportée de influenza en 0.44 seconde) qui peuvent équiper des sales d’attente, de consultation, c’est la technologie BIOZONE EUROPE utilisé par les services du SAMU (vu à la télé le 1er mai dans les véhicules pour éviter les contaminations croisées, ces appareils existe en version pour cabinet médical ou autre, cela élimine le risque d’inter contamination dans les lieux publics fermés.
Technologie issue des recherches de la Nasa dans les années 1985 et depuis dans l’ISS et les navettes américaines, testé par le CNRS DE Lyon, par Bruno LINA et certifié pour une destruction à 99.9998% ....
OUI IL Y A DES SOLUTIONS

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