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UG Zapping


par Claude Bronner

UG Zapping n° 43

Publié le : 15 mai 2011

 


15 MAI 2011....N°43
CONVENTION : LA GRANDE ARNAQUE

NEGOCIATION CONVENTIONNELLE Par de tortueuses considérations, on a laissé de côté les jeunes pour une rencontre "informelle" de négociations conventionnelles le 12 mai. Madame Lacaisse a posé son programme sur la table et des propositions "concrètes" qui ont au moins le mérite d’exister. Elle explique qu’on peut faire des économies sur le médicament, propose un New Deal (rien que ça !) avec ses services en lignes, annonce la nécessité d’une revalorisation des spécialités cliniques, cinéma d’enfer sur la maladie d’Alzheimer pour faire plaisir au Président de la République, un petit coup de rémunération santé publique pour faire plaisir à Frédéric Van Roeckeghem et ses Capis (on n’est jamais mieux servi que par soi-même) et bien sûr un baratin sur la rémunération forfaitaire du médecin traitant. Sauf qu’il n’y a aucun moyen réel de dégagé : sur les spécialités cliniques, c’est affligeant et sur le médecin traitant absolument consternant puisqu’ils proposent de passer le forfait ALD de 40 à 23 euros pour donner un forfait médecin traitant de 5 € (oui, vous avez bien lu : 5) par patient. En montant, ça représente un peu plus 1 € sur le C, mais pas en plus : récupéré sur les forfaits ALD ! Et la CSMF de trouver quetout cela va dans le bon sens. Pour la FMF, vous pouvez lire résumé et commentaires de Jacques Marlein, présent à la négociation avec Jean-Paul Hamon qui commente aussi.

PAS SERIEUX S’ABSTENIR Bon d’accord, on n’a pas été très bons à la FMF pour les élections professionnelles et pas très performants dans la communication et les propositions. MG-France a aussi passé par des moments difficiles et le Bloc a réussi un bon coup dans les spécialités AOC (anesthésistes, obstétriciens, chirurgiens), mais ça reste marginal. Mais sur un programme strictement anti-HPST (donc anti-gouvernement), la CSMF et le SML ont obtenu la majorité des voix des médecins. Il serait peut-être temps que les médecins se demandent s’ils ne se sont pas fait couillonner un peu. Ce n’est certes qu’un début de négociation, mais le pire des scénarios prend corps : personne ne veut investir sur les médecins libéraux et ils ont été vendus par leurs principaux syndicats à Xavier Bertrand qui ne veut (peut) mettre un centime sur la médecine de ville et ne veut pas non plus modifier l’organisation du système de santé. Obnubilée par son opposition idéologique aux forfaits, la CSMF, après avoir tué l’Option Référent (c’était +30% de revenus pour les généralistes avec un forfait de 47 euros par patient) est prête à accepter de réduire de moitié le forfait ALD (qu’il avaient négocié à 40 après avoir tué l’autre à 47) et à laisser mettre en place un forfait à 5 € qui ridiculisera complètement cette solution ! Tout ça en raisonnant comme des gamins qui ont peur de faire couler la sécu en lui demandant trop de moyens pendant qu’on laisse l’hôpital continuer d’exploser sa part.

FORMINDEP ET HAS Succès phénoménal pour le Formindep qui réussit à faire invalider une recommandation HAS par le Conseil d’Etat. Il d’agit de la recommandation du "traitement médicamenteux du diabète de type 2". Et il est assez probable que celle sur le traitement de l’Alzheimer suive le même chemin pour la même raison : gestion contestable des conflits d’intérêts des experts ! La bataille qui va suivre va être passionnante : en effet, la HAS va devoir faire refaire ces recommandations et bien sûr, la tentation sera grande de réécrire à peu près la même chose, ce qui prouverait que toute cette histoire de conflit d’intérêt est du pipo ! Si le Formindep a fait le recours, c’est bien parce qu’il trouvait aussi à redire au contenu des recommandations ! Il faut noter que la première mesure pour éclaircir la valeur d’une recommandation serait de donner le nom des experts qui ne sont pas d’accord pour valider la recommandation proposée...

MEDIATOR VOUS PAIEREZ Le Médiator continue à faire parler de lui pendant que les Assises du Médicament ronronnent. La HAS vient de publier sur son site une fiche bon usage intitulée « l’échocardiographie Doppler transthoracique dans le suivi des personnes exposées au benfluorex (Mediator® et génériques) ». Mais le plus énervant, c’est que déjà on se met à communiquer du côté des autorités (un papier TF1 par exemple) pour annoncer que les médecins qui ont prescris du Mediator hors AMM risquent de payer avec Servier (si Servier le demande !). Comme si lefait de le prescrire hors AMM ou dans l’AMM changeait quelque chose aux conséquences cardiaques ! Et comme si l’Etat, et en particulier l’AFSSAPS n’était pas le premier responsable de la cécité des pouvoirs publics sur le sujet. Prescripteurs de Médiator, il est temps de vous organiser. Contactez la cellule juridique de la FMF. Le président du syndicat, Jean-Paul Hamon a annoncé la décision de porter plainte contre l’AFSSAPS car même si nous sommes convaincus que les propos de Xavier Bertrand qui ne veut pas mettre les médecins en cause sont sincères, rien n’empêchera les juges de mettre en cause les médecins. Avec 5 millions de patients ayant eu du Mediator, il y a intérêt à s’organiser du côté de la profession.

MEDECINS DE PERMIS les médecins des permis de conduire de certains départements, dont le 66, n’assureront plus les commissions d’examens en préfecture tant que les statuts et rémunérations ne seront pas revus.Et ils appellent bien sûr leurs collègues à les rejoindre. Si l’effet boule de neige se fait, les choses évolueront très rapidement. Il est facile de comprendre leur ras le bol : à ce jour l’examen à 2 médecins qui doit être effectué selon la préfecture en 15 mn est rémunéré 24,4 € soit 12,2 € par généraliste, soit 48,8 € de l’heure brut. Ces honoraires n’ont pas évolué depuis 11 ans. Il n’y a en gros que les indemnités kilométriques qui attendent depuis plus longtemps.

QUE SE PASSE T’IL A LA FMF ? Pour ceux qui s’intéressent aux détails, une interview de Jean-Paul Hamon sur Pratis donne des informations sur ce qui s’est passé à la FMF. On a parlé de putsch : un putsch est fait par des minoritaires qui prennent le pouvoir par la force. Ici on est dans une démarche totalement démocratique : Jean -Paul Hamon est président et son Conseil légitime parce qu’une majorité d’adhérents a voulu qu’il en soit ainsi. L’ancien président et quelques soutiens essaient la voie juridique : ça passera le 15 juin. Si le juge trouvait un vice de forme, une nouvelle assemblée générale donnerait le même résultat ! Vous pouvez adhérer à la FMF pour soutenir son action et quelle que soit votre opinion sur ce conflit interne surréaliste, votre voix sera prise en compte. Dans l’immédiat, la FMF a surtout besoin d’adhérents qui ont envie de participer aux débats en cours sur la négociation conventionnelle au lieu de procédures internes.

Cet UG Zapping est rédigé par le docteur Claude Bronner, président d’Union Généraliste et vice-président de la FMF. Il est envoyé à tous les médecins et à d’autres partenaires dont nous avons l’adresse de courriel. Notre annuaire est déclaré à la CNIL. Si vous ne voulez plus le recevoir, écrivez à dr.cbronner wanadoo.fr . Le site d’Union Généraliste est actif sur http://www.uniongeneraliste.org/. La FMF est accessible ici : http://www.fmfpro.org/

GRIPPES ET ALERTES Pas d’alertes particulières en ce moment : les allergènes se suivent avec le RNSA et leur bulletin allergo-pollinique. Le fichier "Conseils aux Voyageurs" d’Alain Strady a été remis à jour en Avril. Vous pouvez aussi le charger ici avec une police de caractères un peu plus grande.

AMM OU HORS AMM ? Peut-on faire de la "bonne" médecine en prescrivant toujours dans l’AMM ? Bien sûr que non. Prenons l’exemple de la colique néphrétique : on peut prescrire du Kétoprofène en injectable, mais pas en comprimé si on respecte strictement les AMM. Certaines recommandations, d’ailleurs logiques, conseillent l’utilisation du per os en prévention des récidives (hors AMM). Est on à l’abri en prescrivant dans l’AMM ? Bien sûr que non : la récente affaire de prescription de Catalgine à un bébé (dans l’AMM au moment de la prescription), qui plus est avec faute de dosage du pharmacien car la posologie était bien libellée montre que rien ne met le médecin à l’abri. Tout le système de prescription (et de sanction !) est à revoir pour sécuriser les prescripteurs, valider la qualité médicale de leur prescription et générer l’économie sur le médicament qui est possible. Le Dr Jean-Marie Gendarme a rédigé quelques pages tout à fait pertinentes sur le sujet du médicament et de sa prescription. Le médecin est évidemment la dernière roue du carrosse, si isolée, fragile et méprisée (d’où la plainte de la FMF : voir plus haut) !

DOMMAGES ASSOCIES AUX SOINS La HAS a pondu un "guide des dommages associés aux soins" ou comment gérer la situation quand un patient vient vous reprocher d’avoir prescrit du Mediator ! Vous pouvez choisir le coup d’oeil rapide au 4 pages ou la lecture des 64 pages du guide complet. C’est un peu bateau, mais on comprend bien qu’il ne faut pas dire que c’est la faute à l’AFSSAPS ou aux Ministres, ni accuser le patient d’avoir fait pression. On comprend aussi qu’il ne faut pas rester seul dans son coin. On retiendra surtout qu’il est très important d’assurer une traçabilité. En pratique, quelques mots dans le dossier sont souvent utiles. Combien de médecins auraient pu écrire : "demande de renouvellement de Mediator, rappel du peu d’intérêt à maigrir avec ce type de produit. Le patient insiste". Il est vrai qu’il se trouvera toujours un juge pour dire "puisque vous le saviez, pourquoi l’avez vous fait, d’où l’utilité d’une défense collective.

GENERIQUE OBLIGATOIRE Madame Lacaisse fait feu de tout bois et des lettres partent vers les médecins qui résistent à la substitution, allant jusqu’à les menacer au nom de la convention qu’ils ont signée (tiens, tiens... il y a intérêt à bien vérifier ce qu’on signe : si ce sont des contraintes supérieures d’économies contre du vent de forfaits ALD qui passent de 40 à 23...) parce qu’ils écrivent un peu souvent "non substituable". Quant on se place du côté des pharmaciens, on découvre dans le Moniteur des Pharmacies du 23/04 que les officines n’ont pas atteint un seul des objectifs de substitution fixés sur vingt molécules ou associations en décembre 2009 alors que les syndicats de pharmaciens s’y étaient engagés. Meilleure substitution avec bétaméthasone, lercanidipine et valaciclovir. En queue de peloton : buprénorphine et fentanyl ferment la marche. Comme c’est bizarre. Si Madame Lacaisse remboursait au même prix un médicament et son générique, la question serait réglée...Au lieu de cela, on nous bassine, encore dans la négociation conventionnelle, avec ces histoires de substitution. Et la plupart des logiciels médicaux ne favorisent toujours pas la prescription en DCI.

NOUVELLES DE L’AFSSAPS La problématique "Pioglitazone" mérite un détour. Voilà un médicament antidiabétique qui augmente probablement le risque de survenue de cancers de la vessie. Le rapport bénéfice risque n’étant pas clair, les débats font rage et pour l’instant on laisse le médicament sur le marché tout en prévenant les prescripteurs. Dominique Dupagne nous fait une revue du sujet sur Atoute en utilisant en particulier les enregistrements des débats des commissions officielles. On visualise très bien l’apport de ces enregistrements et surtout leur publication qui a mis tant de temps à se mettre en place.

RETIRER IMPLANON La pose d’implant contraceptif est nettement facilitée par le Nexplanon, mais le retrait, qu’il soit celui d’un nouveau Nexplanon ou d’un ancien Implanon (qui sont identiques) reste souvent délicat. Pour ceux qui s’intéressent, voici une technique de retrait intéressante. Il s’agit tout simplement de faire passer (après anesthésie bien sûr) une aiguille sous l’implant pour le faire becquer efficacement vers le haut et bien l’exposer.

PSYCHIATRE ET GENERALISTE Le Collège National pour la Qualité des Soins en Psychiatrie (CNQSP) a publié une "recommandation de bonne pratique sur le courrier d’adressage d’un patient du médecin généraliste au psychiatre et du psychiatre au médecin généraliste", labellisée par la HAS. C’est plutôt un bon document. On notera que Madame Lacaisse en profite pour en faire une proposition conventionnelle : les psychiatres ne disposant pas d’actes techniques, ils font partie de ces spécialités cliniques au bas de l’échelle des revenus médicaux. Dans le document ad hoc, dans la partie spécifique aux psychiatres, madame Lacaisse suggère que les généralistes n’envoient pas assez les dépressifs au psychiatre et que ça pourrait être une piste d’amélioration des revenus des psychiatres. Ce serait bien plus logique de dire qu’on se donne comme objectif d’améliorer les revenus des spécialités cliniques sinistrées (la médecine générale et la psychiatrie en font partie) et de faire un groupe de travail sur le sujet avec pour objectif de faire des propositions de meilleure coordination généralistes-spsychiatres, mais avec une enveloppe clairement en expansion.

HISTOIRE DE CURES : Les médecins sacerdotaux existent, ça peut donner des bulletins ordinaux qui valent le détour quand ils occupent de tels postes. Dominique Dupagne nous en fait un post à la fois sérieux et humoristique.

LE COIN DU CARABIN Le mot de patient du jour : Elen, 7 ans, a la varicelle. Elle semble anxieuse, alors le docteur lui explique : “c’est pas grave, c’est un camarade de l’école qui t’as donné un microbe, il va falloir rester quelques jours à la maison”. La voilà qui se met à pleurer : “Mais si je ne vais pas à l’école, à qui je vais le redonner ?

Le bon mot féministe de ce Zapping : "Les femmes préfèrent être belles, plutôt qu’intelligentes parce que, chez les hommes, il y a plus d’idiots que d’aveugles". Yvonne Printemps

Au moment de l’inhumation d’un célèbre cardiologue, de nombreux confrères sont présents. Pour la circonstance, l’entrée du caveau a été ornée d’un énorme coeur de deux mètres de haut, fait avec des fleurs, et le cercueil est placé devant. Après le sermon et les adieux, le gigantesque coeur s’entrouvre, le cercueil est placé à l’intérieur et le coeur se referme Tout le monde est silencieux, triste, mais ébloui par cette démonstration très significative ! Soudain, un homme éclate de rire. Son voisin le réprimande d’un air sévère : - Chut ! Mais qu’est-ce qui vous prend de rire comme ça ? - Je pense à mes obsèques : je suis gynécologue !

Les histoires d’érection et d’élections étant à la une, en voilà une qui vaut le détour : http://www.liberation.fr/societe/01012337296-erections-sur-le-toit-du-monde

Dr Claude BRONNER
06 07 88 18 74
dr.cbronner wanadoo.fr

 

 

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